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Métiers / Responsable Artistique Sénior

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Bérengère, j’ai 37 ans et je suis Responsable Artistique Sénior aux Acquisitions du Groupe M6.


Quel a été ton parcours avant d’intégrer le Groupe M6 ?

J’ai fait une école de commerce (ESSCA à Angers et à Paris, école en 5 ans après le Bac). J’ai ensuite souhaité m’orienter dans l’audiovisuel et j’ai donc fait un 3ème cycle qui s’appelle l’EMAM (European Master in Audiovisual Management à Rome), qui m’a amené à faire des rencontres très intéressantes et à mettre un pied dans ce secteur que j’avais vraiment envie de découvrir !


Comment as-tu intégré le Groupe M6 ?

En 2002, j’ai postulé à une annonce de stage pour téva, où j’ai travaillé à la programmation pendant 3 mois. J’ai ensuite eu la chance de pouvoir poursuivre en CDD pour un remplacement de congé maternité, toujours dans la même équipe (programmation à téva). C’était mon premier job dans le Groupe, je suis donc un « Bébé M6 » !


Comment as-tu ensuite évolué au sein du Groupe M6 ?

Mon passage chez téva a duré 9 mois, ensuite j’ai postulé via un ami que j’avais rencontré à M6 et qui m’avait tenu au courant des annonces internes et dit « il y a un poste qui pourrait te convenir, tu devrais envoyer ta candidature ! », c’était à la Veille Internationale aux Acquisitions. J’ai donc postulé et c’est comme cela que j’ai obtenu mon premier CDI au sein des Acquisitions en 2003 en tant que chargée de veille internationale fiction… et je suis toujours dans ce service depuis plus de 13 ans !
Tout s’est ensuite fait de fil en aiguille. Au bout d’un an et demi j’ai eu la chance de pouvoir remplacer le Responsable de la Sélection Fiction pour le Groupe M6 (séries et téléfilms), j’ai eu cette opportunité assez tôt. Heureusement à l’époque, je ne me rendais pas tout à fait compte de ce que cela représentait, c’était une grande  responsabilité et une grande confiance que l’on m’a accordée alors que je n’avais pas beaucoup d’expérience à ce moment-là. Je mesure aujourd’hui la chance que j’ai eue car cela m’a permis d’élargir progressivement mes responsabilités professionnelles. Quelques années plus tard, j’ai pris en charge également la sélection cinéma, puis les documentaires et tout ce qui concerne la non-fiction. Ce qui m’amène aujourd’hui à ce poste qui chapeaute l’intégralité de la sélection des programmes que l’on achète pour le Groupe.

Comment s’était déroulée à l’époque ton intégration ?
À cette époque-là, il y avait beaucoup de stagiaires et l’ambiance entre nous était très bonne, un peu comme la poursuite de nos années d’étude. D’ailleurs, j’ai gardé une bonne amie qui était stagiaire chez téva et qui travaille aujourd’hui pour HBO Nordics. On se voit toujours régulièrement sur les marchés et on partage le même plaisir à débattre des programmes ensemble ! Ces premières rencontres ont été marquantes et je suis contente qu’on continue de se suivre dans le « métier ».


Quel est le rôle du service Acquisitions au sein du Groupe M6 ?

C’est un service qui travaille pour toutes les chaînes du Groupe, en premier lieu M6 évidemment mais aujourd’hui cela couvre un spectre très large. On travaille depuis peu pour Golden Network et toutes les nouvelles chaînes délinéarisées.  Précisément, notre métier consiste à acheter tous les programmes étrangers qui vont du cinéma au documentaire en passant par la fiction pour toutes les chaînes du Groupe : M6, W9, 6Ter mais aussi Paris Première, téva, Série Club ainsi que les chaines digitales.


Quelle est ton quotidien en tant que Responsable Artistique Sénior ?

Mon métier consiste à encadrer une équipe de 9 personnes, une team d’experts, chacun étant plus ou moins spécialisé entre le cinéma, la veille internationale, les séries, la fiction, les docs… Je supervise leur travail qui consiste à détecter les programmes les plus pertinents et les tendances intéressantes afin de faire les meilleures recommandations d’achat possibles pour les chaînes.

Avec quelles autres entités travailles-tu au quotidien ?
Notre travail, c’est de faire des recommandations d’achats pour les chaînes, donc notre client interne en quelque sorte, ce sont les chaînes (M6, W9, 6Ter…). Nos interlocuteurs ce sont les Directeurs de chaînes et les Directeurs ou Responsables de Programmation. On a la nécessité et le besoin de se parler quotidiennement pour être le plus en phase possible avec leurs besoins, leur ligne éditoriale. On travaille également avec le Web, mais je les considère comme des chaînes aujourd’hui !


Quelles sont les qualités principales pour exercer ton métier de Responsable Artistique ?

Tout d’abord, je dirais l’esprit de synthèse car il y a beaucoup de problématiques différentes à traiter et qui viennent s’ajouter les unes aux autres donc il faut être capable de prendre du recul et de savoir gérer les différents enjeux et les priorités de sélection. Également la passion pour le média TV, indispensable pour absorber la diversité de contenus à traiter, que ce soit un « ready made » sur des bûcherons en Alaska ou un film français produit « avec 2 francs 6 sous »  qui peut s’avérer pertinent pour une chaine. Il faut donc avoir les « chacras grands ouverts » ! Donc en substance je dirais une grande curiosité et un goût pour la TV et pour tous les programmes.


Comment vois-tu ton métier évoluer dans les prochaines années ?

C’est une question qui m’a pas mal taraudée ces derniers temps car les médias traditionnels sont bousculés par le digital. Le fait qu’un algorithme puisse proposer des contenus directement à des internautes, cela amène forcément à se poser des questions sur l’avenir d’un métier qui consiste à sélectionner les meilleurs programmes pour le Groupe. Je pense que le changement est déjà en marche, aujourd’hui on travaille de plus en plus pour des chaînes digitales. Je pense que mon métier va consister à absorber la dimension digitale à l’intérieur du Groupe M6, à m’adapter à des interlocuteurs qui ont des positionnements différents, ce qui est déjà en train de se faire petit à petit. Le portfolio de clients devient de plus en plus divers avec toujours cet objectif de trouver le meilleur contenu en s’adaptant aux évolutions du genre et du secteur. Dans 10 ans, je pense que cet équilibre aura évolué mais pour moi le changement commence tout juste à se mettre en place !

Te souviens-tu d’un événement qui t’a particulièrement marqué ?
Dans mon métier, j’ai la chance de pouvoir me déplacer de façon assez régulière sur des salons ou des événements liés à la production TV internationale. Je pense que l’un des événements qui m’a le plus marqué c’était mes premiers «Screenings», ces derniers étant la « Grand Messe » des Studios Américains qui invitent les acheteurs du monde entier à découvrir les nouvelles séries qui sont produites pour la rentrée prochaine. La première fois dans les studios hollywoodiens c’était un émerveillement total comme un enfant à qui on offre la possibilité de rentrer dans un magasin de jouets la nuit alors que tout est fermé ! C’est cette année où on a eu la chance de découvrir le même jour les séries « Bones » et « Prison Break ». À ce moment, on regarde ces séries, en ayant déjà le sentiment de découvrir des choses intéressantes, et avec le recul, c’est assez amusant de voir ce qu’elles sont devenues, de voir qu’aujourd’hui il y a un spin off de « Prison Break » qui arrive très prochainement et que « Bones » vient tout juste de s’arrêter… Je me dis aussi que le temps a passé !


Après ces années au sein du Groupe M6, qu’est-ce qui te motive encore au quotidien ?

J’ai la chance d’être dans un service qui n’arrête pas d’évoluer, qui absorbe toutes les mutations du Groupe (l’arrivée de W9 puis Sérieclub qui revient dans le giron, ensuite la création de 6ter, maintenant les chaînes digitales…). Finalement, on est sans cesse amené à se renouveler, à découvrir de nouveaux territoires, donc je n’ai pas l’impression d’une routine car les choses changent régulièrement. Et ce qui me motive, c’est que je travaille sur une matière première qui me passionne !


Pourquoi avoir rejoint le Groupe M6 ?

J’avais vraiment envie de comprendre comment fonctionne une chaîne de télévision, c’est pour cela que j’avais postulé à ce stage à la programmation chez téva. L’idée de « curateur » de programmes était déjà un peu en moi, même si c’était par un biais différent. Si je me souviens bien, c’était en 2002, j’avais passé l’année 2001 à l’étranger au Canada, et quand je suis rentrée j’ai découvert le phénomène « Loft Story » et d’un coup la chaîne M6 a pris une ampleur un peu dingue, je la regardais déjà petite, mais là j’ai pris le phénomène de plein fouet. Et je pense que ça a un peu joué lorsque j’ai découvert cette annonce !


Qu’incarne le Groupe M6 pour toi ?

Le Groupe M6, ce sont des valeurs à la fois différentes et complémentaires. Je pense tout d’abord à l’innovation. Nous sommes un Groupe qui cherche toujours à vouloir aller plus loin, dénicher de nouveaux talents, de nouveaux territoires sur les métiers d’avenir qui se développent. L’innovation est vraiment un moteur et ça me plait d’appartenir à un groupe qui surfe au-dessus de la vague ! Je pense également à la proximité, qui se traduit dans les programmes, mais c’est aussi quelque chose qui se ressent à travers les gens qui travaillent au sein du Groupe. Il y a une cohésion, une volonté de travailler tous ensemble et c’est ça qui nous fait avancer plus vite parfois.

Comment te tiens-tu au courant de toutes les nouveautés ?
C’est un vrai challenge car il n’y a jamais eu autant de bonnes séries, donc c’est difficile de tout voir, c’est d’ailleurs impossible et donc frustrant ! J’ai la chance d’avoir des gens dans mon équipe dont c’est le métier de nous tenir au courant, de nous alerter sur tout ce qui est pertinent pour le Groupe, donc c’est ma première source et la plus fiable. J’ai aussi des abonnements à des sites médias spécialisés et des alertes sur les sujets que je dois suivre de près !


Est-ce que tu as déjà eu une série « coup de cœur » ?

Ça va paraitre très lointain, mais parce qu’aujourd’hui il y en a tellement que je ne saurais pas laquelle choisir parmi les séries récentes que je regarde, je dirais que mon premier gros coup de cœur série, c’était « Sex & the City » que j’ai découverte quand j’étais étudiante au Canada. J’ai scotché sur cette série que je trouvais d’une modernité incroyable. C’est l’une des séries qui m’a permis d’appuyer sur ce bouton, d’avoir envie de rentrer un peu plus dans cet univers, ça a été mon premier choc TV !


Où te verrais-tu dans 10 ans ?

Ce qui me motive le plus aujourd’hui dans mon métier, ce sont les séries étrangères et c’est vrai que si je devais changer de métier, j’aimerais approfondir mes compétences dans ce genre en particulier. Je me vois bien évoluer dans cet univers, un peu plus dans la production ou la co-production internationale.

Quelle est ton utilisation des réseaux sociaux ?
Les réseaux sociaux sont évidemment très importants dans le cadre de mon métier ! J’utilise surtout Twitter pour suivre les opinions car je pense que c’est un très bon baromètre des tendances, de ce qui se dit sur les contenus.

Quels conseils donnerais-tu à un(e) étudiant(e) qui souhaite travailler dans les médias ?
Ce qui est essentiel, c’est de cultiver sa passion, la transmettre à son interlocuteur. J’attends d’un candidat pour un poste dans mon service évidemment et avant tout une passion pour l’audiovisuel qui devient aujourd’hui un secteur complexe et très varié (qui ne se limite pas uniquement à la télévision). Ce qui est important c’est d’avoir des personnalités adaptables et capables de faire le pont entre le média TV et le média plus digital. Aujourd’hui, on est dans un monde de convergence et je vais donc chercher des gens qui vont être capables de nous apporter une force à ce niveau-là.


Comment se distinguer parmi les autres candidatures ?

Au sein du Groupe M6, on est amené à beaucoup travailler en mode projet, sur lequel il faut savoir déployer ses forces et faire preuve d’initiative. Par conséquent  je vais essayer de déceler des personnalités qui sauront s’épanouir dans ce mode de travail, des gens qui ont une bonne capacité d’adaptation, une forte capacité à communiquer et à travailler en équipe.